Un département sans infrastructure de transport majeure
Depuis plus de cinquante ans, l’Ardèche vit sans autoroute, gare SNCF ni aéroport. Ce particularisme en France oblige ses plus de 330 000 habitants à s’adapter à un environnement très isolé.
Les habitants doivent parcourir jusqu’à 80 kilomètres pour accéder à une gare ou emprunter une route complexe pour rejoindre la plus proche autoroute. Pour prendre l’avion, ils doivent se rendre dans d’autres départements. Ce manque d’infrastructures suscite leur mécontentement, malgré plusieurs manifestations organisées par un collectif local, restées sans résultat.
Les voies ferroviaires abandonnées
Le département ne possède pas d’aéroport. Les plus proches se trouvent dans la Drôme, le Gard, l’Isère, la Haute-Loire et la Loire. Quant au réseau ferroviaire, il a été quasiment abandonné en 1973 avec la fermeture de la ligne entre Givors et Nîmes. Depuis, aucun train ne circule dans le département.
Cependant, des trains TER d’Occitanie circulent entre Nîmes et Pont-Saint-Esprit, avec un retournement au Teil. Ces trains parcourent 40 kilomètres sans passagers sur le territoire ardéchois. En 2024, un député a dénoncé cette situation à l’Assemblée nationale, qualifiée d’« absurdie bureaucratique ».
La réouverture de la gare du Teil est prévue pour 2027, après plusieurs reports. Son coût est estimé à 2,4 millions d’euros. Les associations de passagers espèrent que cette réouverture améliorera la desserte régionale, car pour l’instant, la gare ne sert qu’aux trains d’Occitanie, sans véritable utilité pour la région.
Face à ces difficultés ferroviaires, les usagers se rabattent sur la route.
La voiture, mode de déplacement privilégié
Malgré sa proximité avec l’autoroute A7, l’Ardèche n’est pas directement connectée à cette voie majeure. L’autoroute du Soleil relie Lyon à Marseille, mais elle longe simplement le département sans le traverser. Les habitants doivent passer par le fleuve Rhône ou prendre des sorties à Bollène, Montélimar ou Valence.
Avec ses 5 529 km², l’Ardèche dispose de 11 431 kilomètres de routes, dont la départementale 86 longeant le Rhône. Cependant, ces routes saturent souvent, surtout pendant l’été.
Pour compenser l’absence de train, une vingtaine de lignes de bus régional et départemental existent. Mais les temps de trajet restent longs. Par exemple, il faut au moins deux heures pour relier Privas à Lyon, contre environ cinquante minutes en train si celui existait.
Le manque d’options de transport direct, comme entre Aubenas et Annonay, alimente le mécontentement. La géographie accidentée de l’Ardèche, située entre le Rhône et les montagnes, complique également la réalisation d’un réseau ferroviaire performant, ce qui laisse encore cet isolement durer plusieurs années.





