Un pays en pleine reprise, mais pas encore aussi abordable qu’avant
La Thaïlande revient en force comme destination touristique. En 2024, plus de 30 millions de visiteurs étrangers ont été enregistrés, avec une prévision de 36 à 39 millions pour 2025-2026. Bangkok et ses environs restent un lieu de passage incontournable, attirant aussi bien les backpackers que les familles en quête de soleil.
Malgré ces chiffres, la réalité sur place est différente. Selon la Banque de Thaïlande, la dépense moyenne par touriste en bahts est encore inférieure à celle de 2019. Les visiteurs reviennent, mais ils dépensent moins, limitant ainsi le regain de recettes pour le pays.
Cinq ans de fluctuation du baht : un coût en hausse
Depuis 2020, le taux de change euro-baht a connu de fortes variations. En 2025, l’euro valait entre 31 et 37 bahts selon les périodes. Lorsqu’on convertit, cela signifie qu’un voyage de 1500 euros peut coûter entre 47 000 et 54 000 bahts, selon le moment de la conversion.
En plus de ces fluctuations monétaires, le coût de la vie en Thaïlande augmente. Le prix des plats de rue, des guesthouses, ou des taxis se rapproche peu à peu des standards européens. La réputation d’un pays bon marché s’éloigne, surtout pour un séjour d’un mois.
Combien coûte un mois en Thaïlande en 2026 ?
Selon la Banque de Thaïlande, la dépense quotidienne moyenne d’un touriste est d’environ 4000 à 4100 bahts, contre plus de 5100 bahts en 2019. D’autres études indiquent un budget de 5700 à 5900 bahts par jour, soit entre 160 et 167 dollars.
Pour un séjour d’un mois, il faut prévoir en moyenne 120 000 bahts, soit environ 3300 euros hors billet d’avion, en restant dans la moyenne de 4000 bahts par jour. En optant pour un mode de vie plus économique, comme louer un appartement, cuisiner soi-même ou privilégier les transports en commun, le budget peut se réduire à 75 000-90 000 bahts, soit entre 2000 et 2500 euros.
Sur place, des touristes plus prudents et moins dépensiers
Les touristes européens restent nombreux dans les zones touristiques comme Pattaya, Hua Hin ou Phuket. Cependant, ils sont plus réservés quant à leurs dépenses. Les hôtels proposent moins de promotions visibles, et les bars ou restaurants fonctionnent souvent avec une équipe réduite. La majorité préfère faire attention à son budget, en limitant les extras et en négociant davantage.
Le tourisme haut de gamme continue de prospérer, avec des villas avec piscine ou des rooftops. Mais la majorité des voyageurs opte pour des compromis, partageant leur séjour entre plusieurs destinations ou en réduisant leurs coûts.
La concurrence des voisins : Vietnam et Philippines
Le Vietnam a accueilli près de 17,5 millions de touristes en 2024, presque autant qu’en 2019, montrant une forte reprise. Les Philippines, avec moins de 10 millions de visiteurs, gagnent également du terrain, notamment grâce à des politiques de visas plus souples et une image de destination encore abordable.
Les brochures et sites de réservation mettent en avant Hanoï, la baie d’Ha Long ou Palawan comme alternatives à Bangkok ou Phuket. Même si la Thaïlande reste la porte d’entrée principale en Asie-Pacifique, ses concurrents progressent, ce qui rend chaque hausse de prix ou difficulté de change plus perceptible pour les voyageurs.
Un coût plus élevé pour les Français, mais toujours accessible
En 2026, la Thaïlande n’est plus le paradis du low cost. Elle reste toutefois plus abordable que de nombreuses destinations européennes, surtout si l’on reste un mois. La clé est d’adapter son budget : suivre le cours du baht, arbitrer entre confort et dépenses, et accepter que le mythe du « tout pour trois fois rien » appartienne au passé.
Pour un séjour d’un mois, la Thaïlande offre encore un rapport qualité-prix intéressant, notamment en jouant sur les saisons, les quartiers ou les types d’hébergement. Le pays s’est rapproché des prix du marché mondial, mais le sourire siamois reste une valeur sûre pour ceux qui savent gérer leur budget.





