Une nouvelle offre « no kids » suscite la polémique à la SNCF
La SNCF a lancé discrètement une nouvelle offre de voyages dans ses trains TGV inOui, baptisée « Optimum » et « Optimum Plus ». Depuis le 8 janvier, ces classes ont remplacé la première classe Business Première sur certains trajets. La particularité : les places dans ces wagons sont réservées aux adultes de plus de 12 ans. Les enfants ne sont pas acceptés afin de garantir un « maximum de confort » pour les voyageurs.
Une réaction controversée
Selon la SNCF, cette initiative vise à offrir un espace calme, principalement pour les voyageurs professionnels ou recherchant un voyage paisible. La compagnie précise que cette configuration concerne une demi-voiture sur certains TGV, soit moins de 10 % des sièges, et que cette pratique existait déjà dans l’ancienne offre Business Première. La SNCF a également indiqué que cette décision n’était pas nouvelle, mais une continuité d’une politique déjà en place.
Cette décision a rapidement fait réagir, notamment sur les réseaux sociaux. Beaucoup y voient une mise à l’écart des enfants et de leurs familles. La SNCF a répondu en qualifiant cette communication de « maladresse marketing » et a confirmé que l’accès aux wagons Optimum pour les jeunes restait inchangé, même si la décision ne sera pas modifiée.
Les réactions des parents et des défenseurs de l’inclusion
Ce choix de la SNCF divise. Certains parents et associations dénoncent une forme de discrimination envers les enfants et leurs familles. Stéphanie d’Esclaibes, animatrice du podcast Les Adultes de Demain, dénonce cette tendance qui consiste à reléguer l’enfance à une niche séparée, au nom du confort des autres voyageurs. Elle propose de repenser l’espace ferroviaire en créant des wagons spécialement conçus pour les enfants, à l’image de ce qui se fait en Finlande.
Actuellement, la plupart des wagons destinés aux familles ne leur sont pas exclusivement réservés. Par exemple, un internaute témoigne qu’un wagon « Kids » dans les intercités sert aussi d’espace de jeux ou de coin pour les adolescents. La SNCF précise que cette nouvelle offre concerne une zone très restreinte, pour une partie seulement des trains, et rappelle que cela n’est pas une nouveauté.
Une question de société
Ce débat dépasse le cadre ferroviaire. Il soulève la question de la place de l’enfance dans l’espace public. La SNCF affirme vouloir répondre aux attentes d’une clientèle qui privilégie le silence et le calme, sans remettre en cause l’accès des familles. Pour d’autres, cette décision traduit une tendance à exclure progressivement les enfants, perçus comme une nuisance plutôt que comme des passagers à part entière. La question reste ouverte sur le modèle de société que l’on souhaite construire : une société qui s’adapte aux enfants ou qui préfère les tenir à distance.





