Lorsqu’on achète un billet d’avion, la plupart du temps, la décision se prend rapidement, souvent sous le coup de l’impulsivité ou du stress lié à la tarification. Contrairement à l’achat de biens de consommation courants, le transport aérien ne bénéficie pas toujours des mêmes règles de rétractation prévues par le Code de la consommation. En 2026, avec des prix de plus en plus fluctuants, il arrive que des voyageurs se retrouvent piégés par une erreur de date ou un changement d’avis soudain.
Dans ces situations, la pratique commerciale appelée la politique de courtoisie des 24 heures peut jouer un rôle. Bien qu’elle ne soit pas inscrite dans la législation européenne, cette règle est adoptée par plusieurs grandes compagnies aériennes pour permettre l’annulation gratuite d’une réservation en cas d’erreur.
Les règles et limites de la période de 24 heures
Une obligation légale aux États-Unis, une pratique volontaire en Europe
Aux États-Unis, le ministère des Transports impose une règle stricte : toute compagnie aérienne opérant vers ou depuis le territoire américain doit rembourser intégralement un billet si la demande intervient dans les 24 heures suivant l’achat. En Europe, cette obligation n’est pas systématique. Aucun règlement européen n’impose une telle générosité. Le « délai de grâce » dépend donc de la politique commerciale de chaque compagnie. Certaines, comme Air France ou Transavia, l’appliquent discrètement, tandis que d’autres, telles que KLM ou SAS, communiquent clairement sur cette possibilité. La différence réglementaire oblige ainsi le voyageur à vérifier attentivement les conditions générales avant de finaliser son achat.
Les deux conditions essentielles pour bénéficier d’un remboursement
Pour profiter d’une annulation sans frais, deux critères doivent être respectés. D’abord, l’achat doit avoir été effectué en vente directe, c’est-à-dire via le site internet de la compagnie, au comptoir ou par téléphone, et non par une agence de voyage en ligne ou physique. En effet, les intermédiaires appliquent souvent des frais de gestion non remboursables. Ensuite, le vol ne doit pas être prévu dans un délai très court. Bien qu’aucun délai universel ne soit fixé, la plupart des compagnies exigent que le départ ait lieu au moins 7 jours après l’achat pour autoriser cette annulation rapide.
Le cas particulier des compagnies low cost
Les compagnies à bas coûts comme Ryanair ou easyJet sont généralement moins flexibles. Si easyJet autorise l’annulation dans les 24 heures, elle impose souvent une pénalité importante, pouvant atteindre environ 59 euros, ce qui peut représenter une part importante du prix initial. Ryanair privilégie, quant à elle, la correction d’erreurs mineures plutôt que le remboursement complet. Leur politique restrictive vise à préserver leur modèle économique basé sur des tarifs non remboursables, créant ainsi une différence notable avec les compagnies traditionnelles.
Les options en cas de dépassement du délai de 24 heures
Les billets « Premium » ou « Flex » : plus de souplesse
Si le délai de 24 heures est dépassé, la nature du billet joue un rôle clé. Les billets « flexibles » ou « premium » sont généralement plus chers, mais offrent la possibilité de modifier ou d’annuler le vol jusqu’à quelques heures avant le départ. En 2026, ces options se multiplient, mais leur coût reste élevé pour le voyageur moyen. Pour les billets standard, le remboursement se limite souvent aux taxes aériennes (redevance passager, taxe de sûreté), tandis que la part du tarif de base reste acquise à la compagnie.
Le blocage de tarif : une stratégie pour sécuriser un prix
Certaines compagnies proposent une solution alternative : le blocage du tarif pendant 24 à 48 heures, contre une petite somme. Cette option permet de réserver un prix attractif tout en laissant le temps de réfléchir. C’est une gestion efficace des risques, qui évite d’avoir à faire face à une procédure d’annulation compliquée par la suite. En utilisant cette option, le passager sécurise son tarif sans payer immédiatement, tout en se donnant une marge de manœuvre.
Récupérer les taxes en dernier recours
En cas d’impossibilité d’annuler le billet, notamment si celui est non modifiable et que le délai est dépassé, il est conseillé de réclamer le remboursement des taxes. Si vous ne prenez pas l’avion, la compagnie doit vous rembourser ces taxes, car elles ne sont dues qu’en cas d’utilisation effective du vol. Bien que cette somme soit souvent faible, il s’agit d’un droit du passager trop souvent négligé. Plusieurs outils en ligne permettent aujourd’hui d’automatiser ces démarches pour récupérer ces montants sans avoir à passer par des parcours complexes.





