Les habitants d’une île paisible des Caraïbes se soulèvent contre un projet immobilier porté par un baron du Bitcoin, proche d’Elon Musk, qui promet d’ériger une cité futuriste et ultra-libérale.

Lorsqu’en 2024, des agents immobiliers commencent à appeler des familles locales pour racheter des parcelles encore sauvages de la petite île de Nevis, dans l’archipel des Caraïbes, le soupçon s’installe. Sans connaître l’identité de l’acheteur final, Janice Daniel-Hodge, élue locale et fille du premier Premier ministre de l’île après l’indépendance, accepte de vendre une partie des terres de son père.

Quelques mois plus tard, des rumeurs commencent à circuler concernant un riche investisseur en cryptomonnaies qui préparerait un projet hors norme dans le sud de Nevis. Puis, un jour, est envoyée aux habitants une vidéo de quinze minutes dans laquelle Olivier Janssens dévoile Destiny, une enclave futuriste entre yachts, piscines à débordement et collines artificielles.

Le projet promet une autonomie presque totale, peu ou pas d’impôts, des paiements en cryptomonnaie, de nouvelles lois du travail, une police spécifique…. si les autorités donnent leur feu vert à l’implantation de Destiny.

De vieilles blessures se réveillent

Olivier Janssens assure à la population locale vouloir respecter la Constitution de Saint-Christophe-et-Niévès, tout en leur offrant une gouvernance plus « efficace »« L’Europe a Monaco, le Moyen-Orient a Dubaï. Les Amériques n’ont encore rien de comparable », clame-t-il dans sa vidéo commerciale partagée massivement par les promoteurs. Pour convaincre, il promet aussi des bourses, un partage des revenus et 50 millions d’euros alloués aux infrastructures locales.

Beaucoup d’habitants n’ont pourtant jamais vu Olivier Janssens sur l’île et se méfient. « Nous n’avons même pas de lampadaires », ironise une hôtelière octogénaire auprès du New York Times, jeudi 26 février. Outre les inquiétudes écologiques se cache la peur d’un retour à une logique coloniale. La population, majoritairement afro-caribéenne, garde la mémoire d’un passé marqué par l’esclavage et la domination étrangère. « Ils veulent créer une enclave avec des droits séparés. Ils pensent que nous sommes naïfs, mais nous avons aussi été à l’école », dénonce un militant.

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Source : Géo

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