Un yacht équipé de toboggans aquatiques, une villa dissimulée dans les forêts du Caucase ou un lodge au milieu des animaux sauvages… Certains dirigeants autoritaires ont profité de lieux de villégiature aussi extravagants que secrets.
Yacht à 90 millions d’euros, villa cachée au cœur d’une forêt, ou lodge privé dans un parc national… les dictateurs ont parfois disposé de lieux de villégiature hors du commun. Kim Jong-un, Joseph Staline, Idi Amin, pour ne citer qu’eux, ont ainsi profité de résidences aménagées pour leurs loisirs, loin des regards indiscrets. Certains privilégiaient les plages et les piscines, tandis que d’autres préféraient les montagnes ou les safaris. Plusieurs de ces propriétés existent encore, transformées en hôtels ou abandonnées après la chute de leurs propriétaires.
Des résidences secrètes pour échapper aux regards
Le secret était au cœur des villégiatures de Joseph Staline. Le dirigeant soviétique disposait de cinq résidences de vacances, notamment sur les rives de la mer Noire. Sa datcha du lac Ritsa, en Abkhazie, a été construite en 1947 pour accueillir le dirigeant et sa famille pendant les mois d’été. Nichée dans une forêt dense, elle était peinte en vert afin de se fondre dans le paysage et de devenir difficile à repérer depuis les airs. Selon le récit consacré à ces propriétés, Staline ne communiquait pas à l’avance aux responsables soviétiques la résidence qu’il comptait rejoindre. Les cinq demeures devaient donc rester prêtes à l’accueillir.
En Roumanie, Nicolae Ceaușescu et son épouse Elena disposaient eux aussi de plusieurs refuges. Le couple, au pouvoir de 1965 à 1989, fréquentait notamment une résidence privée à Neptun, sur la côte de la mer Noire, où il passait un mois chaque année. Le dirigeant organisait également des parties de chasse au chamois dans les Carpates, à la villa Paltinu. Mais c’est au palais de Snagov, au bord d’un lac, qu’il séjournait une grande partie de l’année. Le couple s’y réfugia en 1989, peu avant sa capture et son exécution à la suite de la révolution roumaine.
En Ouganda, Idi Amin avait fait du Pakuba Lodge, au cœur du parc national des chutes de Murchison, l’une de ses résidences favorites. Construit au début des années 1970, cet établissement surplombait le Nil Albert et pouvait accueillir jusqu’à 160 personnes dans un bâtiment de deux étages, dont les chambres disposaient chacune d’un balcon. Le dirigeant ougandais, au pouvoir de 1971 à 1979, en avait fait une résidence d’État où il recevait ses proches et des invités étrangers. Selon le quotidien ougandais Daily Monitor, il y séjournait davantage que dans sa résidence officielle de Kampala. Après sa chute, le lodge a été laissé à l’abandon. Ses bâtiments se sont progressivement dégradés, jusqu’à devenir un refuge pour des animaux sauvages, notamment des léopards.
En Russie, les séjours privés de Vladimir Poutine sont difficiles à documenter, mais une résidence située dans la république de l’Altaï, en Sibérie, a fait l’objet d’enquêtes journalistiques. Baptisé « Altaï Courtyard », ce complexe isolé comprendrait notamment des installations destinées à des bains au sang de cerf, une pratique présentée par ses promoteurs comme bénéfique pour la santé, sans preuve scientifique établie. Selon des investigations relayées par plusieurs médias, le site disposerait d’un élevage de cerfs marals, dont les bois sont utilisés pour ces préparations. En mai 2024, un incendie a détruit une grande partie d’un bâtiment de cette résidence supposée du président russe. L’identification du site repose notamment sur la comparaison de photographies et d’images des lieux, les détails concernant son utilisation personnelle par Vladimir Poutine restent donc à présenter avec prudence.
Yachts, plages et résidences pour recevoir
Mais tous ces dirigeants ne recherchaient pas nécessairement l’isolement absolu. En Yougoslavie, Josip Broz Tito appréciait notamment le lac de Bled, en Slovénie. Sa résidence estivale, la Vila Bled, est aujourd’hui un hôtel de luxe. Le chef d’État y recevait des personnalités étrangères, parmi lesquelles Nikita Khrouchtchev, le roi Hussein de Jordanie et Gamal Abdel Nasser, président égyptien. Les parcs nationaux environnants permettaient également d’organiser des parties de chasse avec ses invités.
En Corée du Nord, les images satellites ont récemment remis en lumière les installations de loisirs associées à Kim Jong-un, alors que la population du pays reste confrontée à de graves difficultés économiques. Selon le Telegraph, quatre grands navires ont été repérés cette année dans la ville côtière de Wonsan, une destination prisée par les élites nord-coréennes. L’un d’eux mesurerait 80 mètres de long et disposerait d’une piscine de 50 mètres ainsi que de plusieurs toboggans aquatiques. La BBC estime sa valeur à environ 86 millions d’euros. Un autre yacht du dirigeant, long de 29 mètres, vaudrait environ 6,2 millions d’euros.
Source : Géo





