Un risque accru pour les yeux en montagne

Avec l’arrivée du mois de février, la saison des sports d’hiver débute. Selon Atout France, 53 % des Français prévoient de partir en vacances cet hiver, dont 26 % à la montagne. Ce chiffre est en hausse par rapport à l’année précédente. Pourtant, derrière l’image idyllique des paysages enneigés et du ciel bleu, se cache un danger pour la santé des yeux.

Les vacanciers sont souvent peu conscients des risques liés à l’exposition au soleil en montagne. Beaucoup minimisent la nécessité de se protéger correctement. Pourtant, la montagne est un environnement particulièrement agressif pour les yeux, en raison des rayons ultraviolets (UV) et de la forte luminosité solaire, qui peuvent causer des dommages importants.

Les dangers liés à l’altitude et à la réverbération

Le Dr Romain Nicolau, ophtalmologiste spécialisé en chirurgie réfractive et de la cataracte, explique que le principal danger en montagne est le taux d’UV qui y est plus élevé qu’en basse altitude. En effet, il augmente de 10 à 15 % tous les 1000 mètres d’altitude. La neige reflète jusqu’à 80 % des UV, selon l’Organisation mondiale de la Santé, ce qui double le risque par rapport à un séjour au bord de la mer, où seulement 25 % des UV sont réfléchis par l’eau.

Ce phénomène de réverbération intensifie l’exposition aux UV, surtout à midi lorsque le soleil est à son zénith. La neige agit comme un miroir, amplifiant la réflexion des rayons nocifs.

Le « coup de soleil des neiges » et ses conséquences

En montagne, si l’on ne se protège pas, on risque surtout le « coup de soleil des neiges », aussi appelé photokératite. Il s’agit d’une inflammation de la cornée causée par l’exposition aux rayons UVA et UVB. Cette blessure peut être très douloureuse, avec une sensation de grain de sable dans l’œil.

Les symptômes apparaissent généralement quelques heures après l’exposition. On peut constater une baisse de la vision, des yeux rouges, une douleur intense et des difficultés à ouvrir les yeux. La récupération dure souvent 2 à 3 jours. Pour soulager ces symptômes, les spécialistes recommandent l’utilisation de larmes artificielles ou de gouttes antibiotiques pour éviter toute infection.

Les risques à long terme

Bien que la photokératite soit souvent bénigne, une mauvaise protection à la montagne peut entraîner des dommages permanents. Le Dr Nicolau met en garde contre le développement de maladies chroniques liées à l’exposition prolongée aux UV, telles que la dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA). Il rappelle que les UV accélèrent le vieillissement de la rétine et peuvent favoriser certains cancers de la paupière.

Les personnes vivant en haute montagne, où l’exposition aux UV est quotidienne, doivent être particulièrement vigilantes. L’ophtalmologue recommande de faire un examen de la vue tous les 1 à 2 ans pour surveiller leur santé oculaire.

Les mesures de protection essentielles

  • Porter des lunettes de soleil certifiées UV400 ou des masques de ski adaptés

Il est crucial de choisir des lunettes de qualité, avec des verres anti-reflets et conçus pour la haute montagne. Le Dr Nicolau précise que de simples lunettes de soleil ne suffisent pas, car les UV peuvent passer sur les côtés. Il faut privilégier des modèles enveloppants ou avec un niveau de protection 4 pour couvrir l’ensemble des yeux.

  • Ne pas sous-estimer l’effet des UV par temps couvert

La neige réfléchit toujours une partie des UV, même lorsque le ciel est nuageux. Le danger est souvent minimisé, mais il reste présent. Il est donc important de continuer à se protéger, même par temps gris.

  • Protéger les paupières avec une crème solaire adaptée

Appliquez une crème solaire spécifique au contour des yeux chaque jour, pour éviter les irritations et les dommages cutanés. Cela contribue à préserver la santé de la peau et des paupières tout en protégeant les yeux eux-mêmes.

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