Il est courant aujourd’hui de passer des appels ou d’utiliser son smartphone en voyage, surtout depuis la suppression des frais d’itinérance dans l’Union européenne. Cependant, cette réglementation ne s’applique pas partout, ce qui peut réserver de mauvaises surprises. C’est ce qu’a découvert une retraitée allemande de 75 ans lors d’un séjour en Turquie.
Une facture astronomique pour quelques appels
Une utilisation limitée, mais une facture qui explose
Lors de son voyage organisé à l’automne 2025, la retraitée voulait simplement joindre son mari resté en Allemagne. Pendant une escale de trois jours en Turquie, elle a passé quatre appels courts. Selon ses relevés, le coût de ces appels s’élevait à quelques dizaines d’euros. Pourtant, plusieurs semaines après son retour, son opérateur, O2 Telefónica, lui réclame plus de 16 600 euros.
Ce montant ne provient pas uniquement des appels vocaux. La majeure partie de la facture résulte d’une importante consommation de données mobiles, effectuée à son insu pendant son séjour.
La consommation de données en arrière-plan
Même lorsque le téléphone n’est pas activement utilisé, certaines applications continuent de fonctionner automatiquement. Mises à jour, sauvegardes cloud ou synchronisations de photos peuvent consommer plusieurs gigaoctets en peu de temps. Selon l’opérateur, près de 100 Go auraient été utilisés en seulement trois jours, ce qui explique l’ampleur de la facture lorsque les tarifs hors UE s’appliquent.
Le danger des plafonds de sécurité désactivés
Les opérateurs mettent généralement en place des plafonds automatiques de dépenses pour éviter ce type de surprise. Des alertes SMS sont envoyées lorsque certains montants sont atteints. La retraitée avait reçu plusieurs messages d’avertissement lors de son séjour, mais elle a choisi de désactiver ces blocages pour continuer à communiquer avec son mari.
Les frais de roaming hors Union européenne, un risque encore présent
Une protection européenne limitée dans le temps et l’espace
Depuis 2017, grâce à la réglementation européenne, les frais d’itinérance dans l’Union européenne ont été largement supprimés. Le principe “roam like at home” permet aux voyageurs d’utiliser leur forfait sans coûts supplémentaires majeurs. Toutefois, cette protection ne couvre pas les pays hors UE, comme la Turquie, où les tarifs pour les appels et la consommation de données sont beaucoup plus élevés. Beaucoup de touristes pensent être protégés partout, mais dès qu’ils franchissent une frontière, les conditions tarifaires changent radicalement.
Les conséquences financières et personnelles
Dans cette affaire, la facture astronomique a été un choc pour la retraitée, qui a déjà vécu un drame familial peu après. Son mari étant décédé brutalement, elle se trouvait déjà fragilisée émotionnellement. La découverte de cette dette importante, avec une retraite limitée, l’a profondément affectée. Suite à une médiatisation, l’opérateur a accepté de réduire la facture à environ 1 690 euros, mais cette somme reste une charge lourde pour elle.
Les précautions à prendre avant de voyager
Ce cas souligne l’importance de vérifier certains réglages avant de partir à l’étranger. Il est conseillé de désactiver les données mobiles, de limiter les mises à jour automatiques et d’utiliser le Wi-Fi autant que possible. Il est également essentiel de consulter les conditions tarifaires de son opérateur pour connaître les coûts dans le pays visité. Enfin, il est prudent de garder activés les plafonds de sécurité, surtout dans les destinations hors Union européenne où les tarifs roaming restent très élevés.





