Cette année, les « marées d’équinoxe » sont attendues à partir de ce 27 février le long des côtes du Nord, de la Manche mais aussi de la façade Atlantique. Nos bons plans pour y assister.
Il y a marée et marée. La marée ordinaire, celle qui vient et s’en va toutes les 6 heures et puis il y a les marées d’équinoxe, celles qui reviennent chaque année à l’automne et au printemps lorsque l’attraction de la lune et du soleil sur la mer est la plus forte. Les habitants des côtes de la Manche et du Nord, mais aussi ceux de la façade Atlantique, connaissent bien le phénomène : les coefficients élevés, généralement compris entre 90 et 115, contre 20 à 80 habituellement, offrent des marnages moyens pouvant atteindre jusqu’à 10 mètres de différence de hauteur entre le niveau de la haute mer et de la basse mer. Le record français serait détenu par les îles Chausey, dans la Manche, où le marnage peut atteindre 16 mètres. Mais le titre est disputé par la cité corsaire de Saint-Malo et la Merveille du Mont Saint Michel, qui affichent toutes deux des marnages jusqu’à 14 mètres.
Mais qu’importe le nombre de mètres ! Le spectacle des grandes marées reste toujours unique. À Étretat en Seine-Maritime, par exemple, la mer, impudique et capricieuse, peut se découvrir jusqu’à 300 mètres du rivage, laissant ainsi apparaître à la vue de tous ses roches nues ou juste recouvertes d’algues brunes en opposition à la blancheur des falaises de craie de la côte d’Albâtre. Un va-et-vient des éléments qui ne peut que faire penser à l’origine du monde. Et rendre l’homme humble face à ce remodelage perpétuel de Dame nature, qui efface à chaque marée toute empreinte humaine. « La plage de galets d’Étretat est en quelque sorte remodelée, à la façon d’un jardin japonais, à chaque marée… », s’enthousiasme Cyriaque Lethuillier, guide naturaliste.
Quand y assister ?
Cette année, la saison « printemps 2025 », avec dix-huit grandes marées annoncées sur deux mois, débutera à partir du 27 février. Dans le Golfe du Morbihan, par exemple, des coefficients jusqu’à 111 sont attendus du côté de Vannes dès le 27 février. Le long de cette côte bretonne, un pic à 114 est même annoncé le 30 mars. Du côté de la Normandie et de la Baie de Somme dans le Nord, le premier bal d’équinoxe est attendu à compter du 28 février, avec des coefficients compris entre 99 et 104, et se clôturera le1er mai (coef 96), avant de retrouver des marnages plus apaisés et des coefficients inférieurs à 80. Une session de rattrapage est toutefois prévue, un mois plus tard, les 27 et 28 mai avec des coefficients autour de 97.
Où assister à ces ballets marins ?

Les professionnels du tourisme conseillent de prendre de la hauteur. Autrement dit, choisir un point de vue élevé pour assister au phénomène. À Granville, sur la côte ouest du sud de la Manche, il est conseillé de se rendre sur les remparts de la Haute Ville. Spectacle assuré lorsque de puissantes vagues viennent s’écraser avec fracas sur la digue du Plat-Gousset. Même conseil pour assister à la magie des grandes marées du côté du Mont Saint-Michel : privilégiez un point de vue en hauteur, comme la terrasse ouest de l’abbaye d’où le panorama sera impayable. Pour rappel, il est déconseillé de s’aventurer sur la baie lors de cette période où les marées progressent à la vitesse, non pas d’un cheval au galop comme le voudrait la légende, mais à 6 km/h tout de même.
Plus au nord, dans la Presqu’île du Cotentin, il faut impérativement se rendre en direction du phare de Goury, dans la Hague, où la rencontre des grandes marées avec les courants du Raz Blanchard, les plus forts d’Europe, provoque d’improbables tourbillons géants. Là, encore, il est impératif de rester à l’abri sur les hauteurs des landes de bruyères. Même conseil à Étretat, en Seine-Maritime, où le guide Cyriaque Lethuillier invite les curieux à assister au spectacle depuis la falaise d’Aval. « Le plus intéressant est de s’y rendre à marée basse pour contempler depuis le point de vue de la falaise, qui culmine à plus de 90 mètres de haut, l’étendue du recul de la mer… », observe-t-il. Sur la côte Atlantique, comme le long de la baie de La Baule ou du côté de La Rochelle, grandes marées, riment en revanche, plutôt avec pêche à pied et épuisette.