DÉCRYPTAGE – La Grande Muraille, le Taj Mahal, le Machu Picchu… Les 7 merveilles du monde moderne fascinent des millions de voyageurs. Mais, derrière l’image de carte postale, que vaut vraiment l’expérience ? Est-on transporté, émerveillé… ou un peu désenchanté ?
Sept monuments, sept légendes. De Pétra à la Grande Muraille, du Machu Picchu au Taj Mahal, en passant par le Christ Rédempteur, Chichén Itzá et le Colisée, ces trésors font rêver aux quatre coins du monde. En 2007, ils ont même été désignés comme les sept merveilles du monde moderne, en écho aux sept merveilles du monde antique, par la New 7 Wonders Foundation, une organisation à but non lucratif fondée par Bernard Weber, un entrepreneur suisse. Mais une fois sur place, la réalité est-elle à la hauteur du mythe ?
«C’était un choc visuel», s’émerveille Cici, 28 ans, devant la forteresse chinoise. Face au Colisée à Rome, Marie Alagnou, 23 ans, se laisse submerger par l’immensité du lieu : «On se sent apaisée face à toutes ces ruines». Quant à Natasha Larode, 23 ans, elle a été instantanément «subjuguée par la beauté architecturale» de Pétra, en Jordanie.
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«J’ai ressenti quelque chose de grandiose»
La découverte de ces joyaux suscite pour certains un tourbillon d’émotions. Cici, 28 ans, a déjà coché 5 des 7 merveilles du monde moderne sur sa liste. En juillet 2024, elle découvre la Grande Muraille de Chine lors d’un voyage en famille. «L’un des plus beaux paysages que j’aie eu la chance de voir», appuie-t-elle. Cette impressionnante forteresse, érigée dès le IIIe siècle av. J.-C. en tant que barrière défensive, avait pour but de protéger l’Empire chinois des invasion. Mais c’est au Machu Picchu, perché à 2430 mètres d’altitude, que Cici vit son plus grand émerveillement. Elle profite d’une météo idéale, tandis que «d’autres ne voient que du brouillard et n’aperçoivent même pas la cité».
Ce même vertige, Natasha Larode, 23 ans, l’a ressenti en découvrant Pétra, lieu historique de Jordanie. Partie avec son père pour commencer sa quête de ces lieux légendaires, elle foule enfin le sol du site en mai 2023. Dès le premier regard, le charme opère. Le contraste entre les façades sculptées dans la roche rose et le désert environnant la laisse sans voix. «J’ai apprécié ce chef-d’œuvre et sa splendeur», se remémore-t-elle. À Rome, en mars 2023, Marie Alagnou, 23 ans, vit cette même émotion face au Colisée. Cet édifice, qui abrita des combats de gladiateurs, est l’emblème de la culture romaine. Avec son compagnon, elle aperçoit l’amphithéâtre antique de loin. «Ça m’a semblé être gigantesque», se rappelle-t-elle, encore subjuguée.

Sur place, l’atmosphère du lieu la transporte. «J’ai ressenti quelque chose de grandiose», tente-t-elle d’expliquer. Comme Cici et Natasha, Marie ressent ce frisson face à un témoignage de l’histoire qui dépasse l’entendement. Trois lieux, trois expériences, une même sensation : celle d’être minuscule face à la grandeur du monde. Mais parfois, entre caprices du ciel et marées humaines la magie peut vaciller.
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Désillusion ?
On en fait des folies par amour… mais ériger un palais de marbre blanc en hommage à une épouse disparue, c’est tout de même unique ! «Quand je pensais au Taj Mahal , je m’imaginais cette photo que l’on voit dans nos manuels d’histoire», confie Benjamin Hartmann, 23 ans, qui a posé ses valises en Inde en 2023 dans le cadre de ses études.

Construit entre 1632 et 1648 par l’empereur moghol Shah Jahan en mémoire de son épouse, le Taj Mahal est un chef-d’œuvre architectural, dont la blancheur du marbre et la symétrie parfaite en font un symbole d’amour éternel. Imposant, presque irréel. Benjamin ressent une «sensation de déjà-vu» et, en même temps, il est «impressionné». Pourtant, une fois la surprise passée, la magie s’efface. «L’intérieur du mausolée est très petit», remarque-t-il. «C’est l’image extérieure qui est fascinante», affirme Benjamin sans détour. À ses yeux, un autre édifice de New Delhi, le Temple Akshardham, est plus saisissant. «Je ne considère pas le Taj Mahal comme une beauté absolue», conclut-il.
Parfois, c’est l’ambiance des lieux qui brise l’enchantement. À Chichén Itzá, célèbre cité maya du Mexique, Cici ressent un décalage, entourée de «stands de souvenirs et de marchands, créant une ambiance parfois bruyante». Une expérience d’autant plus éprouvante qu’il fait 40°C ce jour-là. Même constat dans la «Cité rose» en Jordanie qui était bondée l’après-midi entre «touristes, guides, vendeurs de souvenirs, chiens, ânes». Une affluence qui gâche, selon elle, l’aura mystique du lieu.
Marie, de son côté, a été déconcertée par le Colisée. «J’ai été étonnée par la partie détruite», se rappelle-t-elle. Une sorte de choc visuel pour cette jeune femme qui réalise que la bâtisse n’est pas parfaite sous tous les angles. «Si on ne montre pas les mauvais côtés, on peut être déçu une fois sur place», tranche-t-elle.
Source : Le Figaro