À bord de certains avions, l’apparence des cabines peut donner l’illusion d’un appareil récent. Pourtant, derrière les sièges modernisés, certains continuent de voler même après plusieurs décennies.
Sièges modernes, écrans dernier cri… Vous pensiez embarquer dans un avion récent en montant à bord ? Pourtant, derrière cette façade, il pourrait en réalité avoir plusieurs décennies. L’industrie aéronautique, confrontée à des contraintes économiques et industrielles, prolonge en effet la durée de vie de ses avions bien au-delà de ce que l’on pourrait croire. Et la plupart des passagers n’en ont absolument pas conscience. Derrière les cabines rénovées et les éclairages sophistiqués, une réalité persiste : les avions vieillissent, mais continuent de voler. Et ce n’est pas forcément une mauvaise nouvelle.
Des avions anciens mais toujours performants
Dans l’imaginaire collectif, un avion récent est synonyme de sécurité et de confort. Pourtant, de nombreux appareils en circulation ont plusieurs dizaines d’années. Certaines compagnies, comme United Airlines, exploitent encore des modèles livrés au début des années 1990, soit plus de 30 ans de service. Une longévité qui s’explique avant tout par leur conception.
« Les avions sont construits de manière incroyablement durable », explique Nathaniel Pieper à CNN, fort de son expérience dans plusieurs grandes compagnies aériennes. Cette robustesse permet aux appareils de traverser les décennies à condition de bénéficier d’un entretien rigoureux.
En moyenne, les avions commerciaux affichent aujourd’hui entre 20 et 25 ans d’âge, selon les données du secteur. Mais cette moyenne tend à augmenter, notamment à cause des perturbations industrielles héritées de la pandémie de Covid-19. Les retards de production chez Airbus et Boeing, les difficultés d’approvisionnement et les problèmes sur les moteurs ralentissent le renouvellement des flottes.
Mais tous les avions ne vieillissent pas de la même manière. Les appareils long-courriers, plus gourmands en carburant, sont généralement remplacés plus rapidement, non pas parce qu’ils sont plus usés, mais parce qu’ils deviennent moins rentables face aux modèles récents qui consomment moins. « Quand vous volez sur de longues distances, la consommation de carburant devient une préoccupation majeure », souligne George Dimitroff dans une analyse du cabinet Cirium.
À l’inverse, les avions monocouloirs, utilisés pour des trajets courts et fréquents, peuvent rester en service plus longtemps. Leur principal facteur limitant n’est pas le carburant, mais l’usure mécanique liée aux cycles répétés de décollage et d’atterrissage.
Dans certains cas, même des avions récents peuvent être démantelés pour leurs pièces. « Peu importe l’âge de l’avion, affirme Bill Thompson, spécialiste du démantèlement aéronautique. Tout dépend de l’économie et de savoir si cela justifie l’opération. »
Source : Geo





