Les pièges du stress de récupération pendant les vacances
Rater ses vacances ne se limite pas à un hôtel bruyant ou à une mauvaise organisation. C’est aussi revenir aussi fatigué qu’au départ. Certains psychologues parlent d' »Erholungsstress », un stress lié à la récupération. L’objectif est de bien se détendre et de réussir son repos, mais cela peut devenir contre-productif. Dans une interview publiée le 20 juillet 2025 par le quotidien allemand Frankfurter Allgemeine Zeitung, le psychologue Ludwig Andrione explique ce piège moderne de la détente à tout prix.
Le vrai repos : une préparation nécessaire
Selon la psychologue Amélie Boukhobza, citée par Doctissimo, « Le vrai repos ne se décrète pas. Il se prépare. Il s’apprivoise ». Lâcher prise en vacances ne signifie pas forcément rester silencieux ou faire une longue sieste si cela ne nous correspond pas. Certaines personnes peuvent même ressentir le ralentissement comme une perte de contrôle ou un vide anxiogène. Si ce mécanisme n’est pas identifié, les vacances censées apaiser peuvent devenir plus épuisantes que le travail.
Une détente adaptée à chacun
Suivre parfaitement le programme d’un voisin peut gâcher le repos. Ludwig Andrione rappelle que certains se ressourcent dans le tumulte, en voyage ou en multipliant les activités sociales. D’autres ont besoin de silence, de retrait et de ne rien faire. La clé d’une bonne détente est de reconnaître ce qui nous convient et d’adapter son programme en conséquence.
Pour beaucoup, combiner moments de stimulation et de calme est idéal. Par exemple, une matinée d’excursion et un après-midi à lire ou à profiter de la mer, sans objectif précis. Ce rythme favorise la reconnexion à l’instant présent et aux sensations corporelles, plutôt que de rester concentré sur des listes mentales ou la performance du repos.
Quand la récupération devient une performance
L’Erholungsstress désigne cette tendance à transformer la récupération en une performance. L’idée est qu’il faut réussir ses vacances à tout prix. On multiplie les listes de choses à faire, les réveils matinaux pour ne rien manquer, ou encore les publications de photos. La pression de profiter constamment peut entraîner frustration, irritabilité, disputes, voire un sentiment d’échec, ce qui va à l’encontre du but recherché.
Un signe d’alerte est cette impression de « devoir » se détendre, comme on doit atteindre un objectif professionnel. Certaines personnes, coupées de leurs repères, ressentent alors un vide ou un sentiment de perte de contrôle. Pour éviter cela, il est conseillé de préparer son repos en amont, en conservant quelques rituels rassurants, comme des horaires réguliers pour les repas ou une promenade quotidienne.
Les clés pour lâcher prise : téléphone, sommeil et rythme
Le smartphone est souvent un obstacle discret à la récupération. Beaucoup pensent être indispensables et surveillent leurs mails, ce qui maintient leur cerveau en alerte. À l’inverse, couper brutalement tout écran peut augmenter l’anxiété chez certains. La solution consiste à fixer des plages horaires pour consulter ses appareils, puis à les laisser hors de vue pour vivre pleinement le moment présent.
Le sommeil joue aussi un rôle essentiel. Des soirées passées devant les écrans ou un réveil calé sur l’heure habituelle de bureau empêchent le corps de comprendre que le rythme a changé. Cela peut favoriser la fatigue accumulée. Instaurer des repères souples, comme des nuits suffisamment longues sans alarmes ou réduire la consommation d’écrans avant le coucher, facilite une détente plus naturelle.
- Protéger des nuits réparatrices, sans réveils intempestifs ou alarmes inutiles.
- Réduire l’usage des écrans au moins une heure avant de dormir.





