DÉCRYPTAGE – Remis sous les projecteurs par les déclarations de Donald Trump, le Groenland ne suscite pas seulement des ambitions géopolitiques. Le territoire arctique attire aussi l’attention croissante des acteurs du tourisme, notamment les croisiéristes.

«Il est urgent que les touristes viennent au Groenland , c’est peut-être le meilleur moyen de lui venir en aide dans cette situation », pose, un brin provocateur, Jean-François Rial. Le PDG de Voyageurs du Monde prêche pour sa paroisse : le voyagiste sur-mesure propose, de longue date, des expéditions sur ce territoire arctique isolé, notamment par le biais de ses filiales Terres d’Aventure et surtout, Grand Nord Grand Large.

Sur le site de «Voyageurs», quatre séjours au Groenland, s’échelonnant de 4000 à 10.000 euros pour une dizaine de jours sur place, promettent une expérience où l’on perd toute notion de temps, d’espace, de couleur. Bref, un «dépaysement absolu».

Longtemps resté à l’écart des flux touristiques, le Groenland s’impose aujourd’hui comme l’un des territoires les plus convoités par les acteurs du secteur. Si l’actualité, marquée par les menaces insistantes de Donald Trump, a remis ce vaste bout d’Arctique sous les projecteurs, l’intérêt qu’il suscite dépasse largement le champ diplomatique. Avec ses paysages minéraux, ses fjords démesurés et ses villages disséminés le long de la côte, le Groenland incarne l’un des derniers grands espaces encore préservés de la planète. Un statut qui, paradoxalement, alimente sa transformation. Car dans un monde confronté à la saturation des destinations historiques, l’île arctique porte une promesse rare : celle d’un territoire encore hors des sentiers battus.

Le voyage d’une vie

Antarctique, Arctique canadien, Svalbard norvégien : ces territoires longtemps réservés aux scientifiques ou aux explorateurs deviennent progressivement accessibles à une clientèle aisée, avide d’expériences exceptionnelles. On parle même d’un «boom» en ce qui concerne le pôle Sud… Le Groenland devient lui le terrain de jeu d’un tourisme d’expédition haut de gamme : croisières polaires à capacité réduite, voyages accompagnés, séjours immersifs au plus près de la nature et des communautés locales… «Il s’agit soit de passionnés, des vrais fondus de la glace, soit de personnes qui veulent s’offrir le voyage d’une vie», commente Lionel Habasque, le PDG de Terre d’Aventures. Il y propose des croisières à bord de voiliers et goélettes mais aussi des séjours terrestres à base de randonnées et de balades en kayak, de nuits sous tente… La destination Groenland représentait 20% des ventes du voyagiste spécialiste des pôles en 2025.

À la différence de l’Islande, qui a connu en une décennie une croissance touristique fulgurante, l’île groenlandaise est restée longtemps à l’écart de toute logique de volume. Son enclavement, le coût des transports et la faiblesse des infrastructures ont longtemps freiné l’émergence d’un tourisme de masse.

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Source : Le Figaro

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