Alors que l’Iran a décidé de fermer, à nouveau, le détroit d’Ormuz, les stocks de kérosène en Europe s’amincissent. A tel point que les compagnies aériennes du continent devraient revoir leurs programmes de vol et annuler des rotations pour limiter leur consommation de carburant. Rico Luman, économiste du secteur transport chez ING, prévoit « des annulations partielles pour certaines compagnies et certains aéroports. »

L’Europe doit encore composer avec les hostilités au Moyen-Orient. Depuis la reprise des bombardements américains, l’Iran a répliqué en fermant le détroit d’Ormuz. Une situation qui met en péril l’approvisionnement en kérosène du Vieux continent. En temps normal, environ la moitié du kérosène consommé en Europe provient des pays du Golfe, rappelle l’Agence internationale de l’énergie (AIE). Conséquence : les compagnies aériennes européennes ne disposeraient plus que de moins d’un mois de stocks pour maintenir leurs opérations au niveau actuel, selon plusieurs estimations concordantes relayées par Air Journal.

Le cabinet Energy Aspects estime les stocks de kérosène de l’Europe à environ 38 millions de barils au début juin, contre 99 millions aux Etats-Unis, soit « moins de 30 jours de couverture de la demande » sur le continent, et donc « le niveau le plus critique parmi les principaux marchés du kérosène ». De son côté, la Suisse a déjà indiqué que ses réserves obligatoires de kérosène ne couvraient plus que 72 jours, moins que les 90 jours prévus par la loi. « Nous prévoyons toujours des tensions jusqu’en août à ce rythme », a alerté Janiv Shah, analyste chez Rystad Energy, cité par Reuters, qui anticipe un déficit d’approvisionnement de près de 600 000 barils par jour au troisième trimestre en Europe.

Des annulations partielles prévues ?

Les analystes de Goldman Sachs, eux, évoquent des stocks commerciaux actuels qui ne couvrent qu’« environ 30 jours d’approvisionnement » pour le transport aérien en Europe. Au contraire, les Etats-Unis et l’Asie-Pacifique présenteraient des excédents respectifs de 116 000 et 425 000 barils par jour, ce qui symbolise la vulnérabilité particulière du marché européen. Pourtant, l’Europe a varié ses importations en allant chercher le carburant aux Etats-Unis et en Asie afin d’augmenter la production de ses raffineries et a puisé dans ses stocks commerciaux pour maintenir le trafic aérien. Au total, environ 673 000 barils par jour de kérosène ont été importés en juin, ce qui représente le niveau le plus élevé depuis octobre 2025, selon le spécialiste des flux pétroliers Kpler.

Face à cette situation, plusieurs compagnies aériennes devraient réajuster en permanence leurs programmes de vol, prévoyant d’annuler à nouveau des rotations pour limiter leur consommation de carburant. Rico Luman, économiste du secteur transport chez ING, envisage « des annulations partielles pour certaines compagnies et certains aéroports » plutôt qu’une paralysie totale, précisant que les plateformes régionales sont « plus exposées » aux tensions d’approvisionnement.

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Source : Capital.fr

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